Communiqué du Club avant les réceptions de Rennes et Caen

« QUAND’U CANE MALATU, ANC’A VOLPE LI PISCIA À DOSSU »

Lors de la réunion de la commission de discipline de la LFP qui s’est tenue hier soir, le dossier de la rencontre Bastia-Evian a été placé en instruction. Préalablement à cette décision, le Président de la commission avait averti par courrier le club que la commission était « susceptible, au regard de la gravité des faits observés, de prononcer des mesures conservatoires, en application de l’article 9 du Règlement Disciplinaire de la FFF ».

L’annonce sur le site de la Ligue de cette décision ayant surpris bon nombre de nos supporters, nous souhaitons donc aujourd’hui informer de manière claire notre public de ce qui s’est produit depuis cette rencontre.

Par la grâce de rapports successifs émanant de l’arbitre principal, de ses deux assistants, du 4ème arbitre et du délégué principal de la rencontre le Sporting est ainsi mis en cause pour :

- des incidents causés à l’issue de la rencontre par des supporters réunis à la sortie du stade ayant retardé, notamment du fait de l’allumage d’un feu, la sortie des officiels et de l’équipe d’Evian finalement partis sous escorte policière.

- des propos grossiers, injurieux menaçants et racistes tenus de par des supporters bastiais à l’encontre de membres du corps arbitral, plus spécifiquement le 4ème arbitre et le juge assistant côté Sud.

- des propos tenus par le Vice-Président du club envers l’arbitre de la rencontre ayant entrainé son exclusion à la 76ème minute.

- des jets d’objets et produits liquides en direction des membres du corps arbitral à l’issue de la rencontre.

- des propos déplacés et menaçants tenus par des personnes ne portant pas accréditations de manière visible à l’encontre de membres du corps arbitral au moment du retour aux vestiaires.

- des propos tenus par François Modesto à l’issue de la rencontre dans le vestiaire des arbitres.

- des propos tenus par des dirigeants à l’encontre du délégué adjoint, à l’issue de la rencontre, sur le parking du stade.

Par une succession rarissime de rapports plus salés les uns que les autres, qui comportent pour certains des similitudes qui ne peuvent être anodines, c’est donc l’ensemble des composantes du Sporting Club de Bastia qui est aujourd’hui montrée du doigt, sur fond de menaces de très lourdes sanctions.

Cette campagne de dénigrement manifestement coordonnée a d’ores et déjà été combattue par le club qui a fourni rapidement un certain nombre d’éléments et qui, au cours de l’instruction, mettra en œuvre tous les moyens à sa disposition pour rétablir les vérités suivantes :

- le rassemblement de supporters aux fins de protestation s’est dispersé de lui-même et sans intervention des forces de l’ordre, 45 minutes environ après le départ habituel des officiels et joueurs adverses. Dans ce laps de temps, aucune mise en danger ou acte autre que l’allumage d’un conteneur à ordures n’a été constaté.

- les propos, plus particulièrement ceux prétendument « racistes » rapportés par le 4ème arbitre et le juge assistant sont non seulement incohérents, mais n’ont été confirmés par aucune autre personne présente le soir de la rencontre. Aucun signalement de ces faits présumés n’a en outre été signalé le soir même aux officiels et à la sécurité du club.

- notre Vice-président a donné son opinion par rapport à un arbitrage estimé à charge, orientant fortement le sort de la rencontre et donc susceptible de mettre le feu aux poudres.

- les « jets d’objets » et autres « produits liquides » sont en réalité des morceaux de pain et le contenu d’un gobelet d’eau émanant de la tribune présidentielle. Le délégué principal en atteste d’ailleurs dans son rapport complémentaire.

- les personnes présentes dans le tunnel étaient toutes dûment accréditées et n’ont à aucun moment menacé de quoi que ce soit le corps arbitral.

- notre joueur François Modesto n’a fait que rappeler à l’arbitre principal les propos inadmissibles prononcés à son encontre lors du match, ainsi que déplorer de la non-exclusion d’un joueur d’Evian pour un véritable attentat qu’il a subi vers la 85ème minute. Cette agression caractérisée, qui a entrainé son forfait pour le match à Saint-Etienne, aurait pu lui valoir une grave blessure compromettant sa carrière elle-même.

- lors des semaines précédant le match, notre club avait prévenu à plusieurs reprises les instances que la désignation de M. Franco DORI comme délégué assistant pour cette rencontre, serait mal vécue par le SCB au vu du « passif très important» existant avec ce monsieur. S’il ne peut se permettre de s’immiscer dans les désignations de délégués, notre club ne pouvait faire l’impasse sur les rapports particulièrement à charge, erronés et calomnieux dont cet officiel avait été l’auteur à l’occasion du triste derby corse de Mars 2013. Démentis par un énorme travail d’utilisation de la vidéosurveillance ces rapports ont manqué alors de peu d’entrainer le prononcé d’une mesure de suspension conservatoire sans précédent sur Furiani, qui aurait probablement anéanti toute chance de maintien. Si certains officiels du club ont donc effectivement dit leur façon de penser à l’intéressé, ce dernier n’a subi ni menaces ni autre acte prohibé.

*****

Comme chacun a pu s’en rendre compte, les difficultés sportives auxquelles le Sporting est confronté depuis le début de saison engendrent un regain de tension, trop souvent provoqué par des décisions arbitrales pénalisantes, qui alimentent un sentiment d’injustice et de révolte.

Alors même que depuis le début de la saison le comportement dans les gradins de Furiani est quasiment irréprochable, on assiste aujourd’hui au grand retour des rapports accablants et concertés, aux propos soit inventés, soit extrapolés qui n’ont qu’un objectif : présenter de nouveau notre stade comme un lieu où un match de football ne peut se jouer normalement.

Les premiers effets de cette mise en à l’index, d’autant plus mal vécue que les gravissimes agressions dont nos joueurs et membres du staff ont été victimes à Nice en octobre ont été jugés récemment avec une incroyable mansuétude par les instances sportives, seront hélas visibles dès la réception de Rennes demain et de Caen mardi en Coupe de la Ligue, puisque la LFP a décidé de mandater pour chacune des ces rencontres deux membres de la commission des compétitions, « chargés notamment de superviser le dispositif d’encadrement des acteurs (arbitres, délégués, joueurs) de leur accès aux vestiaires à leur sortie du stade ».

Accusé et stigmatisé dans l’ensemble de ses composantes, le Sporting est aujourd’hui en danger à tous les niveaux, tant sur le terrain qu’en coulisses. Comme cela a été à chaque fois le cas dans notre histoire et ainsi qu’aimaient à le rappeler nos anciens « quand’u cane hè malatu, anc’a volpe li piscia à dossu ».

Loin d’être abattu, le Sporting a toujours su surmonter les épreuves et les injustices. C’est pourquoi le club appelle aujourd’hui l’ensemble du public à la mobilisation générale et au soutien inconditionnel des joueurs mais aussi, à tous les niveaux du club, à une vigilance de tous les instants car nous savons par avance que rien ne nous sera épargné cette saison.

UNITI VINCEREMU, FORZA BASTIA

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