Communiqué : "nous n'accepterons aucune sanction contre Jean-Louis Leca"

Face au déferlement médiatique classique et immédiat qui succède aux incidents notables dans les enceintes de football, notre club a pris le temps d'analyser sereinement les incidents qui ont émaillé l'après-match du derby Nice-Bastia avant d'effectuer la mise au point suivante.

Drapeau corse : La présence de notre drapeau dans l'enceinte du stade  Allianz Riviera a uniquement consitué la réponse symbolique que le Sporting Club de Bastia a voulu apporter à l'arrêté surréaliste et liberticide du Préfet des Alpes-Maritimes qui, à quelques jours de la rencontre, avait jugé opportun de frapper d'interdit l'ensemble des objets à l'effigie de la Corse pour cette rencontre. En marge de l'introduction par le SCB d'un recours pour excès de pouvoir et d'un référé-suspension, cet arrêté prohibitif avait ensuite été modifié, ce qui n'avait pas empêché vendredi le tribunal administratif de Nice de condamner l'Etat à nous verser une somme de 500 €, ce qui avait pour nous valeur de symbole et de point d’honneur.

C’est donc afin de montrer avec ironie toute la vanité de cette mesure aussi inutile que blessante pour l’ensemble des Corses, que nos joueurs se sont échauffés avec un maillot dont la Tête de Maure était barrée d'une croix rouge. Ce fait a été d'ailleurs signalé avant la rencontre aux délégués de la LFP qui n'ont fait aucune remarque particulière à ce propos.

Notre drapeau -de nouveau autorisé- étant le fondement de notre identité insulaire et footballistique, nos joueurs ont tenu à poser pour la traditionnelle photo d'équipe avec la bandera, avant de l'accrocher à l'intérieur du banc des remplaçants, durant toute la rencontre.

Utilisation du drapeau par notre gardien : La victoire ayant été obtenue de haute lutte et dans un contexte sportif peu évident depuis plusieurs semaines, c'est toujours dans le même esprit que Jean-Louis LECA a spontanément célébré le gain des 3 points en récupérant ce même drapeau pour aller communier avec ses coéquipiers. Il s'agit là d'un geste de fierté naturelle, qui refermait en quelque sorte une page juridique, administrative et sportive dont le Sporting se serait volontiers passé et qui n'avait absolument rien à avoir avec le club de l'OGC Nice et ses supporters.

Incidents d'après-match : contrairement à ce qui a été affirmé par certaines sources depuis hier soir, Jean-Louis LECA ne s'est absolument pas dirigé vers la Populaire Sud pour effectuer on ne sait quelle « provocation » mais pour rejoindre dans le rond central  le reste de l'équipe qui venait de défendre en seconde mi-temps du côté de cette tribune. Il s'agit encore fois d'une attitude naturelle, très courante dans de nombreux sports (notamment l'athlétisme) y compris en football, sans que qui que ce soit ait jamais pensé à y voir une quelconque volonté belliqueuse.

Si des incidents ont éclaté, c'est uniquement parce que le capitaine niçois DIGARD a cru utile de venir agressivement signifier à notre joueur qu'il devait ranger son drapeau et son identité. Cela était d'autant plus inutile que Jean-Louis LECA ne tenait plus ce dernier déployé et le conservait à la main.

Une légère bousculade s'est alors produite, qui n'a progressivement dégénéré en plusieurs points que par l'intervention de plusieurs dizaines de supporters niçois qui avaient pénétré sur la pelouse pour agresser plusieurs de nos joueurs et membres du staff, auxquels le club et l'ensemble du peuple bleu ont apporté depuis hier soir leur soutien sans faille.

Attitude de certains médias : nous avons noté avec intérêt et satisfaction que certains raccourcis et procès en sorcellerie que l'on nous sert volontiers lors de chaque incident recensé à Furiani, n'étaient pas de mise pour évoquer la soirée d'hier. Nous nous félicitons notamment de la non-intervention des ministres successifs qui étaient venus nous donner des leçons de vie au lendemain du match Bastia-Marseille du mois d'Août dernier.

En revanche, et compte tenu de tout ce qui précède, nous n'accepterons en aucune façon que l'on puisse impliquer de quelque manière que ce soit le Sporting Club de Bastia dans ces incidents, ni que l'on puisse incriminer ou qualifier de « provocateur » notre gardien Jean-Louis LECA simplement pour avoir voulu manifester avec conviction et pacifiquement la fierté d'être ce qu'il est, à savoir un joueur corse qui remporte après 20 ans d'attente un derby ô combien important, qui plus est dans une ville où le représentant de l'Etat avait  illégalement prohibé de manière inédite - et absolument inenvisageable pour toute autre communauté en France-  le drapeau de ses ancêtres dans un lieu public.

N'en déplaise au député-maire de Nice, Christian Estrosi, qui a cru fin dès hier soir de réclamer des « sanctions » contre la « provocation » de  Jean-Louis LECA, alors qu'il n'avait pas hésité à apporter au mois de Février dernier son entier soutien au triste attaquant niçois Alexy BOSETTI, accusé d'avoir exhibé -une fois de plus- ses tatouages à la gloire d'une organisation dissoute pour hooliganisme au nez de la tribune Ganay du stade Vélodrome de Marseille : « La sanction infligée (…) est une injustice. Témoigner fierté d'appartenance à Nice lors d'un but n'est pas une provocation ».

On ne saurait mieux dire.

UNITI VINCEREMU, FORZA BASTIA

Le comité directeur du SC BASTIA

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