Nant'à a strada di Nantes...

Encore un match atypique pour le Sporting Club de Bastia ce week-end. Atypique parce qu'il comporte autant de raisons d'espérer que de douter.

Pour commencer, faisons un point sur ce qui ne va pas. L'effectif, tout d'abord. Toutes les lignes sont décimées.  Jean-Louis Leca est suspendu, Squillaci blessé, El Kaoutari parti à l'infirmerie pour trois mois, Djiku toujours en convalescence, Boulaya pas encore prêt pour fouler les pelouses, Enzo Crivelli suspendu lui aussi (pour 4 matchs)...

Le Sporting arrive à Nantes avec une équipe qui ne ressemble à aucune de celles alignées jusqu'à lors. Les automatismes seront peut-être moins faciles à mettre en oeuvre, et l'absence de joueurs clé risque de faire mal au collectif bleu. Mais ce n'est pas l'unique mauvaise nouvelle. Une fois n'est pas coutume, c'est l'arbitre qui fait peur dans cette rencontre. Bartolomeu Varela n'est pas connu pour être le grand copain du Sporting. Sa prise de bec avec Modesto en 2014 reste dans les mémoires. Et puis, il y a les statistiques. L'homme en noir a arbitré huit fois le Sporting, pour huit défaites (accompagnées de 23 cartons jaunes et deux cartons rouges). Difficile de trouver pire ratio en Ligue 1, où le Sporting ne compte pourtant pas que des arbitres amis. Enfin, dans les raisons de douter, il y a aussi cette équipe de Nantes -il est vrai que l'on en a peu parlé jusqu'à maintenant. 6 matchs que les jaunes ne gagnent pas. Depuis la première journée où ils se sont imposés à Dijon, ils n'ont pas su rentrer aux vestiaires 3 points en poche, et pointent en queue de peloton, en position de relégable. Mieux encore, leur dernière victoire à domicile remonte au 30 avril ! 5 mois que les canaris ne se sont pas imposés à la Beaujoire. Autant dire que si l'on part du principe que les séries sont faites pour s'arrêter, le Sporting arrive "cum'è u casgiu nant'à e lasagne". Et pire encore, il se pourrait que les bleus se vêtissent de marine, autrement dit, que Bastia joue avec le maillot third. Esthétique, certes, mais nous n'avons jamais gagné avec un maillot "third" sur les épaules. L'alignement des planètes ne semble pas en notre faveur. François Ciccolini l'a très justement dit : "on va serrer les fesses, plus encore que d'habitude".

Mais la pessimista furianis ne doit pas aller plus loin. Car les raisons d'espérer sont bien là, elles aussi. Le Sporting arrive avec des joueurs qui ont soif de temps de jeu, qui ont faim de duels et de ballon. C'est le moment pour eux de montrer ce qu'ils valent, pour accrocher leur place de titulaire. De plus, si les séries sont faites pour s'arrêter, celle en cours avec Monsieur Varela elle aussi doit prendre fin. Enfin, Nantes est dans le rouge, à tous les niveaux : comptable, sportif et au niveau des relations internes. René Girard paraît à cran, lors de sa dernière conférence de presse il s'est montré particulièrement agacé sur les questions concernant son éventuelle succession. Les adversaires ne sont pas sereins. Nantes est en difficulté ! Mais comme le disait Pierre Bengtsson en conférence, les équipes en difficulté sont les plus dangereuses.

C'est vrai. Tous les chasseurs le savent, une bête blessée est toujours plus dangereuse que les autres. Ce coup-ci, le Sporting en position de prédateur a dans ses mains un fusil nouveau, qu'il n'a jamais utilisé. Pour l'emporter il faudra pourtant porter le coup de grâce à l'animal agonisant. Et pour attraper un canari, il faut bien viser...

À lire également

Ricevete a lettera