Lettre ouverte aux médias sportifs

A la 76ème minute du match Nice-Bastia de dimanche, notre gardien a reçu en pleine tête un projectile ressemblant fortement à une pièce de monnaie, lancé depuis une tribune. Malgré la vive douleur que peut engendrer un tel choc, Jean-Louis Leca a repris le jeu quelques instants plus tard, sans jamais en rajouter, même après la rencontre, avec une dignité qui lui fait honneur.

Or, 48 heures après cet incident et malgré les ralentis très nets diffusés à l’antenne, l’ensemble de la presse sportive  demeure désespérément muette au sujet de cet épisode dont on n’ose imaginer l’écho qu’il aurait eu s’il s’était produit à Bastia, à l’encontre d’un quelconque portier adverse ou officiel que ce soit.

Où sont en effet aujourd’hui ceux qui s’émouvaient si fort en novembre 2012 lorsqu’un juge de touche avait été atteint à Furiani par un objet similaire à l’occasion d’un match de Coupe de la Ligue face à Lille ?

Que font ces journalistes qui au mois d’Août dernier ont relayé sans retenue les allégations du parisien Lucas qui prétendait avoir reçu un coup de drapeau, ce qui a ensuite été formellement démenti par l’enquête de police ?

Quel est ce pays dans lequel on trouve plus digne d’intérêt de gloser à l’infini sur l’avion en papier lancé à Rennes en direction de l’entraineur toulousain alors que dans la même semaine un père de famille de 31 ans est pris pour cible et surtout atteint par un objet autrement plus dangereux ?

Que fait à ce titre l’UNFP chargée de défendre les intérêts de tous les joueurs et dont les responsables avaient réclamé des « sanctions exemplaires » à notre encontre dans l’affaire Lucas ?

A ceux qui en doutaient encore, nous recevons aujourd’hui une nouvelle preuve de l’émotion sélective qui anime les médias et les instances dans ce genre d’affaire.

Avec colère et écoeurement, nous constatons que ce ne sont pas simplement 2 lettres de l’alphabet qui séparent Leca et Lucas, c’est un véritable monde. Un monde dans lequel les rôles sont de longue date attribués et dans lequel nous sommes condamnés à revêtir un sempiternel costume : celui du coupable permanent.

Fait extraordinaire, c’est encore ainsi que le seul journaliste français qui a daigné évoquer l’incident de dimanche a réussi à dépeindre Jean-Louis Leca, auteur a son sens d’un « roulé-boulé théatral », provoqué par un projectile tantôt « fictif », tantôt « que l’on n’a pas retrouvé », ne s’émouvant à aucun moment de la gravité du fait en question !

A tous ceux que l’on devine déjà en train de ricaner en s’amusant de notre prétendu syndrome de persécution, à tous ceux pour qui le fameux « contexte » est une espèce endémique qui ne franchit jamais la Méditerranée, nous répondons par avance que nous n’attendons plus rien.

Nous ne demandons qu’une chose : que l’on ne nous parle plus jamais de violence dans les stades, d’exemple à donner et autres foutaises qui ne servent qu’à donner bonne conscience à certains.  

Oui Messieurs les journalistes sportifs français, une fois de plus, Bastia se victimise. Et cette victimisation ne cessera que lorsque vous ferez, enfin, de l’information.

A bon entendeur, salut.

 

Vidéo en réponse à l'Equipe par SportingClubBastia

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