Vaincre Bordeaux pour s'éloigner du rouge

Il y a des matchs nuls qui font plus de bien que les autres. Le 0-0 à domicile contre Dijon avait dévasté les joueurs, le coach, les supporters et tout l'écosystème turchinu. Ce point du 1-1 à Nice, lui, a redonné le sourire à tout ce beau monde. Première raison : Nice est le leader de la Ligue 1, et le Sporting est loin d'avoir volé son résultat chez ceux qui devancent Monaco et le PSG au classement. Cela rassure. Deuxième raison : c'était un derby. Et un derby, "ça ne se joue pas, ça se gagne", dit l'adage. Tout du moins, ça ne se perd pas, et le Sporting ne l'a pas perdu, alors qu'il partait tout sauf favori. Troisième raison : la malchance a enfin fui le groupe bleu. Aucun carton rouge, pas de défaite in-extremis sur un but hors-jeu (bien qu'on ne soit pas passé très loin...), pas de poteau ni de transversale. Les joueurs ont été sérieux, dans leur nouveau système de jeu. La tactique a été respectée et, sur de vraies actions de jeu -hors CDA et actions hors-jeu-, Nice n'a réellement jamais inquiété le Sporting. On se prendrait à croire que l'ensemble des observateurs a assisté à Nice au match "référence" du groupe turchinu, qui fera tourner la saison des bleus dans le bon sens.

Mais pour que ce soit vraiment le cas, il reste un impératif de taille à réaliser pour les hommes de François Ciccolini : transformer l'essai. Et il n'y a pas de temps de repos : si ce résultat doit se confirmer, c'est contre Bordeaux, ce mercredi, à Furiani. Et ce n'est pas une mince affaire : Bordeaux est une équipe solide, invaincue depuis six matchs (l'inverse du Sporting) qui truste la sixième place du classement, et qui vient remontée à bloc à Furiani après une victoire pleine de rebondissements contre Dijon à domicile. Si les Aquitains se méfient de Bastia, comme leur attaquant Diego Rolan qui comparait en conférence de presse Armand-Cesari à une arène uruguayenne, ils ne viendront pas faire de la figuration en Corse. Et le groupe Bastiais sera privé d'une pièce maîtresse, celui qui en est déjà à cinq buts cette saison et qui démontre un état d'esprit irréprochable : Enzo Crivelli. Car, prêté par les Girondins, il ne pourra pas disputer la rencontre contre ses heureux "propriétaires", bien qu'il eût aimé de son propre aveu faire partie du 11 de départ comme c'est le cas depuis le début de saison (hors suspensions).

Le Sporting devra compter sur ses autres atouts, à commencer par ses deux flèches nustrale, le phénoménal Jean-Louis Leca et le capitaine courage Yannick Cahuzac, qui ont réalisé un retour gagnant ce dimanche. Mais il faudra également compter sur le reste du groupe qui semble avoir pris, suite à ce match à l'Allianz Riviera, la petite dose de confiance qu'il lui manquait depuis le début de la saison. Si le coach, fidèle à ses habitudes, ne veut pas tomber dans l'optimisme -pas plus qu'il ne sombre dans la sinistrose lorsque les choses vont moins bien- tout le monde attend désormais une victoire qui, si les joueurs réitèrent leur performance de ce week-end, ne saurait se dérober aux Bastiais. Et la saison pourra enfin commencer. È cusì sia !

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