A Corsica ti guarda, s'infiara lu circondu !

Il y ont consenti et y ont toujours cru. Débarquer chez le cinquième de Ligue 1, premier au classement des attaques et qui se présentait avec son équipe type, n’avait rien d’une sinécure pour les bleus. Seulement, au prix d’efforts insensés, ces derniers se sont à nouveau mués en Lions de Furiani.

En se déplaçant pour la troisième fois en autant de tours, le « hasard » du tirage avait de nouveau réservé un sort, que certains espéraient sans doute funeste, au Sporting. Le décor était bel et bien planté et le dénouement ne faisait aucun doute, Sochaux allait l’emporter.
Grand bénéficiaire de la dernière journée de Ligue 1 suite a son large succès acquis face à Nice (4-0) et son attaque la plus prolifique du championnat, le FC Sochaux semblait se diriger vers un énième succès à l’occasion de la réception de corses au demeurant bien pâles, surtout après la défaite enregistrée à Niort quelques jours auparavant. Et comme Francis Gillot l’avait longuement souligné, c’est bel et bien son équipe type qui serait alignée, sans doute pour dévorer tout cru nos bleus, qui à l’instar des doubistes, ont certainement d’autres chats a fouetter en ce moment.
[singlepic id=9997 w=120 h=90 float=left] D’autant plus que le plan de bataille concocté par Fréderic Hantz lors du tirage avait pris du plomb dans l’aile. Car sans le roc de Maka Mary, la fougue de Féthi Harek, l’expérience de Désiré Périatambée et toute l’énergie d’El-Azzouzi, les observateurs n’ont certainement pas donné la moindre chance au club centenaire.
Uniti Vinceremu. Toutefois, le technicien insulaire veut y croire. Il concocte une causerie tout aussi rapide que limpide. Avec son accent occitan, il conclu par un slogan qui commence a faire son bonhomme de chemin « Uniti, vinceremu ! ».
Inseme si pò. Sauf que le football réserve toujours des surprises, qui au final, n’en sont parfois même pas. Alors, à 20h45 ce mercredi, il fallait bien représenter avec détermination le club de l’île, histoire de perpétuer sa légende et de faire taire ses éternels détracteurs.
Et finalement ou étonnamment, tout ne se passe pas si mal, comme le constate Damien Ott, l’entraineur de Colmar venu en voisin. Les hommes bleus savent jouer au ballon. Mieux, ils savent poser des problèmes a un adversaire pourtant réputé intraitable cette saison. Que nous réserve la suite ?
[singlepic id=10004 w=120 h=90 float=right] 21h09. Les locaux tiennent le ballon mais ne résistent pas au pressing bastiais. Khazri peut orienter le jeu vers Suarez qui pénètre dans la surface à la limite du hors-jeu et vient mystifier Dreyer pour l’ouverture du score sous les sifflets de la foule. Personne n’en croit ses yeux.
21h53. La pression est toujours sur les pensionnaires du National qui s’attendent a entrer en zone de turbulences a leur retour du vestiaire. Il faut donc opérer en contre. C’est chose faite et les sochaliens sont contraints à la faute. Bon coup-franc pour le SCB. Mathieu Robail se positionne, mais Wahbi Khazri se charge de le tirer. Soudain, Bonal entend le bruit de la barre transversale avant de s’éteindre sur le coup de grâce porté par Matthieu Sans. Les sifflets sont remplacés par un silence de cathédrale. Le Sporting s’envole.
[singlepic id=10049 w=120 h=90 float=left] 21h56. Les chevaux sont lâchés pour les hommes de Gillot. Il faut absolument sauver l’honneur. Martin pense partir seul en direction des buts de Novaes. Soudain, un basque vient lui barrer la route. Il s’agit de Jérémy Choplin, venu se sacrifier pour son équipe. Les bleus sont à dix. Tiendront-ils le choc ?
22h18. La pression s’accentue sur les épaules de l’équipe de Fred Hantz. Tout le monde se démène comme jamais pour préserver les acquis. Pour les récompenser de leur grande performance, la transversale de Novaes leur vient en aide sur un coup de tête de Bréchet. L’exploit est en marche…
22h34. Le Sporting part en contre a toute vitesse. Il y a un deux contre un a jouer. Le bouquet final est proche. Khazri sert Diallo sur sa droite qui tente un tir instantané mais écrase trop sa frappe.
22h38. Monsieur Thual siffle la fin du match. Le banc bastiais envahit la pelouse. Certains se congratulent, d’autres chantent, quand certains ont du mal a réaliser. Deux supporters viennent prendre part à la fête sur la pelouse, quand les autres exultent au grillage. Bastia est en huitièmes pour la première fois depuis six ans.
[singlepic id=10144 w=120 h=90 float=right] Durant de longues minutes, joueurs, staff, dirigeants, encadrement et même supporters poussent la chanson dans le vestiaire, puis dans le bus et l’avion.
Un véritable exploit que les bastiais ont accompli à la faveur d’un match plein et d’une étonnante maitrise, comme l’a reconnu Francis Gillot « Aujourd’hui, le plus fort a gagné. Ils méritaient cette victoire et ils l’ont eue. Un match de foot, c’est d’abord gagner les duels, on les a tous perdus. »
Pour sa part, Fréderic Hantz a lui voulu rendre un hommage a ses joueurs, qui disputaient là leur cinquième match en dix-huit jours « Je suis fier de mes joueurs, fier de mon équipe. C’est vrai que Sochaux a perdu aujourd’hui, mais c’est aussi Bastia qui a gagné ».
Très satisfait, l’entraineur n’a d’ailleurs pas manqué de faire remarquer que son équipe savait aussi l’emporter hors de ses bases « c’est bien pour mon équipe qui a montré qu’elle savait jouer, a-t-il déclaré en conférence de presse. On a joué onze matchs dont sept à l’extérieur, en Coupe on a gagné contre une Ligue 2, contre une Ligue 1 et on ne l’aurait pas fait si on n’avait pas la volonté de jouer. Ce soir, le match était filmé, les gens ont vu que comment jouait Bastia. » Avant de conclure par un clin d’œil au Président strasbourgeois « il y a eu des déclarations faites par le président de Strasbourg notamment (Jean-Claude Plessis) qui disait qu’à Furiani, on était revenu quinze ans en arrière. Il y a quinze ans, lui vendait des voitures. »
Désormais, et en attendant de connaitre leur futur adversaire, les bastiais se remettront au travail pour préparer avec sérieux la venue de Colmar, pour une nouvelle bataille à livrer sur leur pelouse. Car derrière, il faudra se montrer très solide pour enchainer sur un mois d’octobre qui devrait donner un peu plus de lisibilité a un championnat toujours aussi homogène.

UN' ISULA, UN POPULU, UNA FEDE : BASTIA !
UNITI VINCEREMU

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