Focus sur Frédéric Née

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Le site Football365.fr prend des nouvelles chaque mardi d'un ancien joueur de L1 retiré des terrains ou parti tenter sa chance à l'étranger. Invité du « Que deviens-tu » cette semaine : Frédéric Née, entraîneur des attaquants à Bastia.

Frédéric Née, que faites-vous depuis la fin de votre carrière en 2006 ?
J'entraîne les attaquants des équipes de National et de CFA de Bastia depuis cette saison. Je m'occupais uniquement de la réserve avant. Je fais ça depuis quatre ans. Je passe actuellement mon DEF (ndlr : diplôme d'entraîneur de football). Il me reste juste la partie commune du deuxième degré à valider. Aujourd'hui, j'ai envie de rester dans le spécifique « attaquants ». On verra suivant les aléas du football. Je suis dans le staff avec Frédéric Hantz, ça me plaît énormément.

Aviez-vous réfléchi à cette reconversion avant de prendre votre retraite ?
J'en avais un peu discuté avec Sonny Anderson quand j'étais à Lyon. Lui a fait ça à Lyon et moi, j'ai fait pareil à Bastia. J'avais ça dans la tête mais c'était une idée comme une autre.

Vous avez arrêté votre carrière sur une blessure. Gardez-vous un goût amer de cette fin ?
Non puisque c'est médical. Même si l'envie de jouer est forte, aujourd'hui encore, je sais que les douleurs sont trop importantes pour continuer. Il n'y a aucun regret, c'est la vie.

Le fait de retrouver un poste proche du terrain vous a-t-il permis de vite tourner la page ?
Oui. On essaye de faire partager ses idées aux autres. C'est une autre forme de plaisir de voir les autres réussir ce qu'on leur demande de faire. Faire passer le message, c'est un nouveau plaisir. Il y a toujours besoin d'avoir des attaquants expérimentés pour encadrer les jeunes. On arrive à les mobiliser selon les caractéristiques de chacun, c'est plaisant.

Vous avez entraîné votre ancien partenaire Pierre-Yves André jusqu'à la saison dernière. Etait-ce spécial ?
Ça se passait très bien. Il a été professionnel. Il m'écoutait comme si j'étais un autre coach. On échangeait un peu plus parce qu'on se connaît. Je connais ses points forts et on travaillait dessus. Lui était sur le plaisir. Il était meilleur en match parce qu'il avait la joie de vivre. La complémentarité avec Pentecôte était aussi intéressante.

« J'aurais voulu davantage en montrer à Lyon »

Le fait de voir un ancien partenaire continuer à jouer n'a-t-il pas été difficile à vivre ?
Quand le chirurgien a dit stop, il n'y avait plus rien à faire. A partir de là, c'est plus facile à vivre. Je n'ai pas arrêté parce que je ne jouais plus ou parce que je n'étais plus bon. Je ne pouvais plus faire marcher mes jambes…

Vous n'avez pas eu de coupure entre le moment où vous avez arrêté et votre reconversion…
Non. Il y avait une reconversion imposée par rapport à la coupure. Il fallait que je choisisse entre un bureau et le terrain… Le choix a été vite vu.

Avez-vous connu un coup de blues ?
Ça a quand même été difficile. A un moment, le manque d'adrénaline, ça peine. Il a fallu trouver des activités extérieures pour retrouver ce plaisir. C'est vrai que ça manque. Il y a eu des périodes un peu délicates.

Vous êtes-vous déjà retourné sur l'ensemble de votre carrière ?
J'essaie de conserver les meilleurs souvenirs de partout où je suis passé. Je ne reste pas sur du négatif, même sur la blessure qui est intervenue à Lyon. Je reste sur du positif, sur les gens que j'ai connus là-bas. Sur les bons moments que j'ai passés au club. C'est la même chose à Caen, avec de très bons souvenirs.

Gardez-vous un goût d'inachevé de votre passage à Lyon (2001-2003) ?
Oui forcément, j'aurais voulu donner plus de choses à Lyon. Le contexte a fait que j'étais éloigné de ma famille. Ça a été difficile. Il était préférable de partir pour le bien de tout le monde. J'aurais voulu davantage jouer pour montrer ce que je valais. Même si j'ai toujours été un bon professionnel là-bas, même en étant remplaçant, ça m'a permis de comprendre certaines choses. Aujourd'hui, je peux parler du statut de remplaçant et de celui de titulaire et de la manière de gérer les deux choses. Dans tout ce qui se passe, il y a toujours quelque chose à apprendre. Ça me permet aujourd'hui de pouvoir parler de tout aux joueurs parce que j'ai connu toutes les situations dans le football.

« Toujours en contacts avec Eric Carrière »

Que retenez-vous des titres de champion de France gagnés avec Lyon (2002, 2003) ?
J'étais à cheval sur les deux saisons. J'en ai commencé une et j'ai terminé l'autre. J'aurais préféré davantage jouer celle que j'ai commencée (saison 2001-2002). Mais quand vous êtes transféré à quatre jours du premier match de championnat dans un club où vous n'avez pas vos repères… J'ai mal commencé la saison et, du coup, la blessure a suivi. J'aurais préféré commencer en pleine possession de mes moyens, c'est sûr. J'aurais pu faire beaucoup mieux. Le seul regret que j'ai, c'est de ne pas avoir été transféré avant. Malheureusement, ce sont les aléas du métier.

Avez-vous un vrai attachement à la Corse ?
La relation d'amitié que j'avais avec certaines personnes en Corse a fait que, quand je suis parti à Lyon, on s'est retrouvé seuls, moi, ma femme et ma fille. Seuls dans une grande ville, ça a été difficile par rapport à l'esprit familial qu'il y avait à Bastia. On était peut-être encore un peu jeune. Ça a peut-être influé sur les résultats. L'écart était trop important. Plein de choses n'ont pas marché quand je suis arrivé à Lyon. On a mis trois mois avant de trouver une maison. Tout a été compliqué du début à la fin. L'extra sportif m'a un peu empêché d'être bien sportivement.

Que retenez-vous de votre passage éclair en équipe de France (ndlr : 1 sélection, Australie-France en 2001. Titulaire, il avait été remplacé à la 71eme minute par Anelka) ?
C'était bien de découvrir ce monde-là. Comme dans tous les clubs, il y avait des priorités sur certains joueurs. On a joué notre rôle pour les soulager un peu. J'aurais aimé jouer un peu plus parce que je sortais d'une excellente saison. J'ai pris beaucoup d'expérience et de plaisir malgré tout. J'ai rencontré des gens intéressants comme Bixente Lizarazu ou Marcel Desailly.

Conservez-vous des relations avec d'anciens joueurs ?
Très peu à part un ami du centre de formation de Caen. Ça fait quinze ans qu'on se côtoie. J'ai de temps en temps Eric Carrière au téléphone. J'ai toujours beaucoup de plaisir à le revoir.

Football365.fr

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