Julien Lolli : « on est des gens modestes »

Finaliste de la coupe de l'UEFA en 1978, club mythique du football français, Bastia est lui aussi tombé en fin de saison dernière en National. Paradoxalement, le club semble en avoir profité pour retrouver ses valeurs.

Victorieux de Sochaux en coupe de la Ligue mardi, Suarez et le Sporting Bastia du président Lolli réussissent un bon début de saison.

Sur la défensive dans un premier temps, Julien Lolli s'est vite radouci. Le président de Bastia est rapidement revenu sur les accusations dont Bastia a été victime pour parler de l'essentiel : son Sporting et ses ambitions !

- Certains propos peu aimables ont été tenus sur votre club depuis le début de saison...
- Arrêtez. Est-ce que vous allez parfois dans le Sud ? Est-ce que vous pensez que c'est différent pour les adversaires quand ils jouent à Nice ou Marseille ?
Quand je lis que M. Plessis (président du Racing, ndlr) estime qu'on est revenu 15 ans en arrière à Bastia... Mais il y a 15 ans, M. Plessis ne connaissait même pas le football !

- Pour quelles raisons de telles accusations (*) seraient-elles portées ?
- Mais parce que Bastia dérange ! On a essayé par tous les moyens de nous enfoncer, des moyens parfois à la limite de la légalité (**). Ensuite, certains ont dû espérer que toutes ces péripéties nous empêcheraient d'avoir une équipe compétitive. Force est de constater que c'est tout le contraire. Je dois donc remercier nos détracteurs. Tout cela a décuplé nos forces.

- Au point de vous voir tenir votre rang de favori pour la remontée dès ces premières rencontres...
- Favori, c'est vous qui le dites ! Notre objectif, seul et unique, c'est la remontée en L2. On est dans les clous pour l'instant, mais on sait qu'on a 40 finales à disputer.

- C'est normal. Rencontrer Bastia, c'est jouer contre un mythe, finaliste de la coupe de l'UEFA...
- Parler de 78, ça me fait plaisir, mais c'est une autre époque ! On est des gens modestes, avec un budget modeste (le huitième du championnat, le plus faible des clubs à statut professionnel, autour de 4M €, ndlr) et on sait ce qu'on doit aux collectivités, au contribuable corse.

- On a l'impression que votre descente vous a permis de remettre certaines choses à plat, de retrouver une solidarité...
- En L2, on avait moins d'âme. Tous les clubs venaient chez nous prendre des points. Aujourd'hui, c'est plus difficile, les joueurs veulent rester les patrons chez eux. On a 5 000 spectateurs, qui viennent nous voir, plus que l'an passé. Apparemment, le travail de rapprochement avec eux a été bon. Mais il paraît que quand je gagne chez moi c'est parce que je suis un voyou. Je ne sais pas comment on a fait pour gagner à Sochaux ou comment Rouen a fait pour prendre un point chez nous (sourire) !

- A Sochaux, justement, vous vous êtes imposés (0-2) en coupe de la Ligue mercredi, en vous montrant impressionnants.
- Ça m'a fait plaisir, parce qu'on mérite notre victoire. Est-ce que Sochaux avait déjà la tête à son match à Marseille ? Moi, j'ai dit aux joueurs avant la rencontre qu'il y avait la télé, un beau stade une belle pelouse, un peu d'argent en cas de victoire, qu'il fallait prendre du plaisir. Ce n'est parce qu'on est plus faible qu'il faut s'avouer vaincu par avance.

- C'est un conseil que vous pourriez donner aux Colmariens avant leur visite en Corse, demain soir.
- Vous voulez que je vous dise ? J'ai des amis à Colmar, je viens souvent. Hier (samedi), je les ai appelés pour leur dire que j'étais peiné pour eux. Quand je vois des gens dans la difficulté, je ne m'en réjouis pas. Je leur ai aussi dit que le ballon était rond et qu'il tournait...

Propos recueillis par Cyril Tromson (Source : Les Dernières Nouvelles d’Alsace)

(*) Les Bastiais ont été accusés d'utiliser des méthodes très limites pour intimider leurs adversaires, comme d'éteindre les lumières dans le couloir des vestiaires pour frapper des joueurs adverses.
(**) Le SCB avait été rétrogradé en CFA par la DNCG, malgré la garantie financière apportée par les collectivités, qui permettait au club d'apurer son passif.

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