Le comité de pilotage du 5 mai communique :

Le 5 mai 1992, il y a 20 ans… sous un soleil radieux, le malheur s’est abattu sur tout un peuple. Alors que la fête battait son plein et que les cris de joie retentissaient dans le ciel de Furiani, 18 vies allaient s’arrêter et des centaines d’autres allaient être marquées à tout jamais physiquement et psychologiquement. Aujourd’hui, si nous sommes réunis, ici, auprès de cette stèle, c’est pour ne pas oublier. Pour ne pas oublier que l’inconscience, les arrangements avec la sécurité, les compromis, les retards chroniques de constructions d’infrastructures et enfin le « sport-fric » peuvent conduire à la mort et au malheur. Nous voulons que cette tragédie reste dans les mémoires et soit commémorée, tous les ans, comme il se doit, pour que plus jamais, ici et ailleurs le sport ne soit synonyme de pleurs et de détresse. Le sport en général et le foot en particulier doivent retrouver leurs valeurs de respect, de tolérance, d’échange, de solidarité et de convivialité.
La journée d’hier, du coté de Lucciana, avec prés de 300 enfants réunis autour du ballon rond, comme le tournoi qui se déroulera le week-end prochain sur le stade Santa Grimaldi à Bravone sont organisés avec cette volonté… Il faut que les autorités du football, au niveau national, comprennent cette nécessité incontournable « de devoir de mémoire et du souvenir ». Un premier pas a été franchi avec le report des rencontres de compétitions nationales qui devaient se jouer aujourd’hui. Il faut maintenant pérenniser cette décision pour que, plus jamais, on ne fasse la fête autour d’un match de football un 5 mai en France. Sacraliser cette date, n’est pas impossible, il faut simplement que ceux qui ont le pouvoir de le faire ait le courage de le décider. Le football et surtout sa version professionnelle, semble avoir du mal à comprendre, en se retranchant derrière des questions de calendrier et de droits télés, que cette décision rendrait à ce sport une note d’humanité dont il sait singulièrement éloigné ces derniers temps….
Pour les convaincre de la légitimité de cette demande, nous invitons les décideurs du football à lire les témoignages des victimes et de ceux qui ont vécu cette tragédie regroupés dans le livre paru ces derniers jours sous le titre « FURIANI : 20 ANS ».
Enfin, je voudrais profiter de cette occasion pour, à notre tour, rendre hommage aux supporters et joueurs du Sporting Club de Bastia qui mardi, à l’occasion du titre de Ligue 2 remporté par le club, se sont montrés d’une dignité exemplaire en dédiant ce succès aux victimes du 5 mai 1992. Cet hommage est également destiné à l’Olympique de Marseille et à ses supporters qui mercredi se sont également associés à nos commémorations. Grand merci, aussi, à tout ceux, particuliers, sportifs, clubs, supporters, politiques qui nous ont manifesté ces derniers temps leurs soutiens.
N’oublions jamais ce qui s’est passé, il y a aujourd’hui 20 ans, pour que les disparitions de Antoine, Guy, Marie-Pierre, André, Alexandra, Jean-Baptiste, Antoine, Thierry, Dominique, Santa, Pierre-Jean, Cédric, Lucien, Christian, Michel, Marie-Laure, Raoul, Michel et les souffrances de Karine, de Paul et de tant d’autres servent au moins à éviter, à l’avenir, ici et ailleurs d’autres catastrophes autour du sport…

COMMUNIQUE DE PRESSE

Les commémorations et le respect dus aux victimes de la catastrophe de Furiani ont été ternis par le comportement odieux de pseudos supporters parisiens à Valenciennes, hier soir. Ainsi, lors de la minute de silence en hommage aux victimes de la tragédie du 5 mai 1992, avant la rencontre Valenciennes / PSG des cris et sifflets se sont élevés de l’espace réservé aux supporters parisiens. Nous tenons à souligner et remercier la belle réaction du public valenciennois qui par ses applaudissements a montré sa désapprobation et sa solidarité envers les victimes. Ce comportement irrespectueux de quelques uns n’efface pas la grande dignité qui a prévalu tout au long des différentes manifestations marquant les 20 ans de la plus grande tragédie du sport en France. Toutefois, il montre bien que la sensibilisation de tous et notamment des plus jeunes reste indispensable et que notre demande, réitérée ces derniers jours, de voire cette journée du 5 mai définitivement sans football, doit être prise en compte par les autorités du football.
Pour le comité de Pilotage
Les Portes paroles
Josepha GUIDICELLI
Lauda GUIDICELLI
Didier GRASSI

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