Sadio Diallo hè ingrandatu

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Si le championnat National était représenté aux prochains Trophées UNFP, le jeune milieu offensif du SC Bastia Sadio Diallo concourrait sans hésitation pour le titre de meilleur Espoir.

La vélocité, la qualité de passe et de finition du jeune guinéen ont en effet rapidement séduit son entraîneur Frédéric Hantz, qui lui a ouvert les portes de l'équipe première avant d'en faire un pion important de son dispositif. Auteur de 9 buts en 26 rencontres jouées, le néo-international (2 sélections), est progressivement devenu à 20 ans l'une des attractions du championnat. C'est d'ailleurs sur un titre de Champion qu'il espère le quitter avant de faire l'étalage de son talent à l'échelon supérieur. Rencontre.

Le lancement d'une carrière professionnelle est souvent aléatoire, il l'est d'autant plus lorsqu'il concerne un jeune footballeur africain. Pour Sadio Diallo, originaire de Conakry en Guinée, l'aventure aurait pu tourner court. Evoluant sous les couleurs de l'Atletico de Coléah en Ligue 1 guinéenne, club dans les rangs desquels se sont d'ailleurs révélés des joueurs bien connus en France comme Fodé Mansaré et Ismaël Bangoura, le jeune homme affiche rapidement un potentiel au-dessus de la moyenne. Grâce à son agent Abdoul Karim Bangoura, qui connaît bien Frédéric Antonetti, entraîneur à l'époque de l'OGC Nice en partance pour le Stade Rennais, ses rêves d'Europe sont en passe d'être concrétisés lors de l'été 2009. Le jeune homme décroche en juillet un essai dans le club azuréen. "Cela n'a pas été facile pour moi car je ne jouais plus depuis six mois. Je n'étais pas forcément au top physiquement et même si je plaisais bien aux dirigeants niçois, cela n'a pas pu se faire", explique-t-il.

Le mois suivant, direction la Bretagne et le Stade Rennais, où Frédéric Antonetti vient de prendre les rênes de l'équipe première, pour un nouveau test d'une semaine. "A la fin de l'essai, M.Antonetti m'a dit que j'avais du potentiel mais il m'a jugé encore un peu tendre pour le très haut niveau et m'a conseillé de m'aguerrir à l'échelon inférieur. Il a gentiment parlé de moi au club de Bastia qu'il connaît bien", précise-t-il.

En novembre, Sadio Diallo débarque sur l'Ile de beauté avec une seule idée en tête prouver sa valeur et s'imposer en France. "Au départ, j'ai signé un contrat de six mois pour voir ce que cela allait donner. J'ai été très bien accueilli et je me suis vite intégré. J'ai débuté en réserve où mon entraîneur Benoît Tavenot et l'ensemble du staff m'ont bien épaulé". A 19 ans, le milieu de terrain confirme en CFA2 son statut d'élément à suivre. Certainement encore un peu tendre pour les joutes de L2, d'autant plus que la formation corse lutte pour son maintien, il est tout de même lancé dans le grand bain quatre mois plus tard par Faruk Hadzibegic. "Le coach m'a donné ma chance en février contre Nantes à la Beaujoire. J'ai ensuite effectué un autre bout de match en entrant en jeu le week-end suivant contre Guingamp. C'était un grand moment pour moi car je découvrais la L2. Même si je suis retourné ensuite en réserve, cela m'a permis de découvrir le niveau et de me fixer des objectifs", ajoute-t-il.

L'été suivant, le club bastiais, relégué en National, choisit pour assurer l'opération remontée un entraîneur au savoir-faire reconnu Frédéric Hantz. Le jeune Sadio Diallo, qui a été conservé dans l'effectif bastiais, est ainsi à bonne école. "Il a connu un début de saison difficile car il accusait un retard athlétique et tactique. Il lui a fallu un peu de temps pour s'adapter au football à l'européenne. Avec mon staff, on a effectué un gros travail avec lui durant l'été, qui a été profitable. Il a rapidement été intégré à l'équipe première. Il y a gagné sa place et en est progressivement devenu un élément important. Il est à l'écoute et a une grosse envie de progresser. Il possède une très bonne qualité de passe et de finition. C'est un joueur d'avenir", décrit l'entraîneur bastiais, qui l'a titularisé à 23 reprises cette saison.

Le discours de son entraîneur a été franc et direct et le courant est tout de suite passé. "Il m'a dit qu'il fallait que je bosse pour combler mon retard. Je l'ai bien entendu et je me suis donné à fond à chaque séance. J'ai débuté la saison avec la réserve en marquant un premier but. Lors de la quatrième journée du National, il m'a donné ma chance en me titularisant à Bayonne", se souvient-t-il.

Depuis, l'enfant de Conakry n'a plus quitté l'équipe bastiaise, qui a rapidement pris le contrôle du classement du National. Dans une équipe tournant à plein régime, le talent du jeune homme éclate au grand jour, au grand dam des défenses adverses. Rapide, doté d'une bonne technique et capable de faire la différence, le longiligne milieu offensif a étoffé son registre, se muant aussi bien en passeur qu'en buteur."Je profite des conseils de David Suarez et Mathieu Robail, nos buteurs maison. Je dois encore progresser dans mon placement et être plus agressif devant le but mais je suis tout de même content de mes progrès", commente-t-il sobrement.

2011 est une belle année pour le SC Bastia qui devrait valider dans les prochaines journées son billet pour la L2 mais aussi pour Sadio Diallo qui en plus de ses débuts prometteurs en National a aussi découvert la sélection nationale, surnommée le "Sily national", actuellement en tête du groupe B des éliminatoires de la CAN 2012. Le sélectionneur français Michel Dussuyer décide de tester le jeune bastiais à l'occasion d'un match amical contre le Sénégal (ndlr, défaite 3-0) en février avant de le retenir à la fin du mois dernier pour un match de qualification à Madagascar (1-1). "J'ai eu la chance de jouer 68 minutes pour ma première sélection contre le Sénégal. Malgré la défaite cela reste une belle expérience. J'ai ensuite de nouveau été appelé pour le match de qualification contre Madagascar. Je suis entré en toute fin de partie. S'entraîner au côté de joueurs comme Pascal Feindouno, Kévin Constant ou Larsen Touré va me permettre d'encore progresser", analyse-t-il.

La voie de Sadio Diallo est donc tracée. Même si tout va très vite pour lui, le corse d'adoption ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. "Il faut assurer la montée et surtout finir sur un titre", déclare-t-il avec enthousiasme. "Ensuite, bosser, bosser..." pour aller plus haut.

Source : FFF.fr

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