Anthony Agostini invité de Stonda Turchina interrogé sur l'affaire Balotelli

 A l’occasion de l’émission Stonda Turchina diffusée par France Bleu RCFM, le Sporting Club de Bastia par l’intermédiaire de son Directeur des Services Généraux est revenu sur la rencontre de vendredi face à Nice et les déclarations de Mario Balotelli.

"A aucun moment nous n’avons été avertis de faits répréhensibles le soir du match.

La procédure dans ce genre de cas est fixée depuis des années, notamment par un règlement européen de 2013 : un joueur ou un officiel quelconque qui constate une atteinte à la dignité humaine pendant un match a pour devoir d’avertir l’arbitre ou le délégué, qui arrêtent la rencontre, qui sollicite une annonce au micro et l’intervention de la sécurité du club, dans cette affaire là il n’y a absolument rien de tel qui s’est produit. (…)

Le joueur lui-même n’a rien signalé, ni au retour des vestiaires à l’échauffement, ni à la mi-temps, ni à la fin du match, ni avec les journalistes avec lesquels il s’est entretenu. L’officiel de l’OGC Nice qui a signé le rapport d’après-match a signifié au délégué qu’il n’avait rien à déclarer concernant cette rencontre, c’est la raison pour laquelle le lendemain on est tombé des nues. (…)

Pour nous, il fallait d’abord appréhender cette réalité, à savoir qu’il y ait pu y avoir des cris, sans savoir réellement de quoi il s’agissait.

Si certains ont estimé que notre communiqué était dans le déni, ils se trompent. On n’a absolument jamais dit qu’il n’y avait pas eu de cris de singes envers Mario Balotelli, on a dit qu’on n’en avait pas eu connaissance. Sur la nature des faits, c’est d’une stupidité sans nom, et c’est surtout inacceptable. (…)

"Nous sommes dans la recherche de la vérité"

Pendant l’échauffement, Mario Balotelli et les arbitres s’échauffent à quelques mètres les uns des autres, il y a un nombre considérable d’officiels sur la pelouse pour constater le moindre écart.

On parle de réprimer des sons dans un stade où 10 000 personnes sont présentes. Nous sommes dans la recherche de la vérité, et il nous faut des éléments. BeIn a diffusé un sujet sur lequel il y a 25 secondes consacrées à notre tribune, qui ne sont pas claires. Il y a des groupe de personnes différents, sur le premier groupe montré il n’y a pas de cris de singe, l’insulte suivante qui vient d’un supporter est destinée à un remplaçant de l’OGC Nice et pas du tout à Mario Balotelli qui ne s’échauffait pas du tout à cet endroit, il y a ensuite un gros plan sur un étendard qui représente le joueur Bosetti, et enfin on voit un supporter qui oui, de manière manifeste pendant trois secondes est en train de faire des « hou ! » à l’image sans son correspondant, et on le voit manifestement avoir ce comportement.

Et hier soir, Canal +, à partir d’une caméra depuis la tribune opposée et après avoir souligné qu’il était extrêmement compliqué de pouvoir déceler le moindre cri durant toute la rencontre qu’ils ont « dérushée », ont diffusé un extrait de quelques secondes où on entend des huées sur une action impliquant Mario Balotelli, qui peuvent s’apparenter à des cris de singes. A l’heure où l’on parle il y a six secondes d’attitudes qui sont de manière quasiment certaine enregistrées et diffusées. Le problème pour nous, c’est quelle réponse apporter à ces faits.

"On ne peut contrôler ce que vont dire les gens"

Quel club peut se prévaloir de maîtriser tout ce que vont pouvoir dire 5, 10 ou 20 000 personnes ? On peut contrôler les engins pyrotechniques, les banderoles, mais pas ce que vont dire les gens.

Les gens font des parallèles plus qu’osés avec Metz pour des faits qui n’ont strictement rien à voir (jets de pétards sur un joueur lyonnais), on réclame des sanctions (…)

Ces atteintes à la dignité humaine peuvent être difficilement perçues par les adversaires mais aussi par nos propres joueurs ! On a une longue tradition de joueurs de couleurs à Bastia, et on sait ce qu’on leur doit, à commencer par ceux qui étaient alignés sur le terrain vendredi.

Le club est considéré comme responsable par les observateurs et sera déclaré responsable par la commission de discipline. Mais club ne peut pas accepter d’être pris en otage. Balotelli dit « les supporters de Bastia m’ont hué toute la rencontre », si c’était le cas tout le monde s’en serait rendu compte ! (…)

"On interdira de stade la personne qui a eu ce comportement"

Le message est très clair comme après l’incident face au Paris Saint Germain, on appelle la personne qui a eu ce comportement à l’assumer et à se manifester auprès de nous. On usera de notre possibilité d’interdire de stade cette personne. Quand on entre dans le stade de Furiani, il faut prendre conscience qu’il y a des milliers d’abonnés, des employés, des joueurs. (…)

Ca va être très compliqué de l’identifier car cette personne est floutée, on lui demande de venir nous voir. C’est un type de comportement très précis qui est ciblé. Cette personne doit en prendre conscience. On nous demande d’éloigner du stade les personnes qui peuvent être fautives, on l’a fait pour le match contre le PSG, on le fera encore. A l’heure actuelle, les éléments dont on dispose nous montrent que cela concerne une personne.

On a demandé l'ensemble des rush du match

On va se procurer l'ensemble des « rush » (vidéos, nd), on va « dérusher », notre avocat a fait une demande à BeIN Sports et à Canal + et on fera ce travail-là concernant nos supporters et le joueur dans la recherche de la vérité. Quand on parle de vérité, il y a un comportement de Mario Balotelli qui est plus ou moins sujet à caution. Un joueur de football n’a pas à s’adresser de façon quelconque à une tribune en la provoquant. Quand Jean-Louis Leca se fait traiter de tout à Nice dès le moment où il pose le pied sur le terrain, il ne s’adresse pas pour autant à la populaire sud, il fait en sorte de ne pas en rajouter. 

Nous, ce qu’on doit faire, c’est que les gens qui ont fauté sur ce match-là soient sanctionnés. Mais on ne peut pas être comptables du racisme en Europe pour un événement comme celui-là. D’ailleurs de nombreuses personnes, et heureusement, se sont exprimées en ce sens, comme Pascal Praud, Jelson Fernandez ou le président de Nice qui a bien compris que ce genre de chose pourrait aussi lui arriver. (…)

On ne veut pas minimiser, mais on ne veut pas non plus porter un fardeau sur quelque chose qui peut se produire sur tous les terrains de France et d’Europe (…)

Lorsqu’on se déplace, nous recevons toutes les insultes possibles et imaginables. Le racisme anti-corse n’est pas reconnu comme une réalité par les tribunaux, mais ce n’est pas pour autant que nous ne le percevons pas de manière difficile, comme Mario Balotelli.

Il suffit de se promener sur les réseaux sociaux des médias qui nous accusent pour voir que des centaines de messages anti corses extrêmement virulents où l’on ose même parfois mettre le 5 mai au milieu, c’est dramatique. Des gens qui veulent nous faire la leçon sont les premiers fautifs."

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