Objectif : ne pas relancer les pailladins !

Le Sporting Club de Bastia n'a plus gagné depuis le mois de décembre, contre Rennes. Mais, mise à part la contre-performance quasi anecdotique en coupe de France à Paris, on ne peut pas dire que le Sporting ait rendu de si mauvaises copies à ses supporters. Un match héroïque contre Marseille perdu sur le fil, une courte défaite à Nancy dans des conditions dantesques, un bon match nul contre le leader à domicile, puis un match correct contre Caen, malgré une seconde mi-temps un peu trop molle. Aucune rencontre ne s'est soldée par une désillusion, une correction ou un naufrage. Au contraire, la solidité défensive est de plus en plus présente grâce aux nouvelles recrues comme Lindsay Rose, qui a su s'imposer, pendant que sur le front de l'attaque, on a toujours du mal dans le dernier geste malgré un Saint-Maximin qui éblouit la Ligue 1 de son talent. En somme, les problèmes sont sensiblement identiques -et le coach les a depuis longtemps identifiés- mais le groupe est plus étoffé, et on ne se déplace plus la boule au ventre à 16, ou à 17, mais au complet. 

Demain, François Ciccolini pourra d'ailleurs compter sur le retour de deux pièces maîtresses. Yannick Cahuzac tout d'abord, capitaine indispensable au milieu de terrain qui récupère un nombre incalculable de ballons et qui, surtout, sait insuffler un second souffle à ses coéquipiers lorsqu'ils sont en difficulté. C'est un retour très attendu. Il faut espérer désormais que les cartons le fuiront (ou qu'il les fuira) pour ne plus laisser le groupe orphelin de sa présence jusqu'à la fin de la saison. Le second retour, et non des moindres, est celui d'Enzo Crivelli. Meilleur buteur du club cette année, chacun aura pu constater que la squadra turchina est dépendante de sa présence. Car il ne fait pas que marquer : Crivelli pèse sur les défenses, il gagne des duels de la tête, dévie, passe, pivote. Demain, avec ces deux arguments supplémentaires, Bastia sera mieux armé pour faire face à une équipe Montpellieraine en difficulté.

En effet, les Héraultais, qui végètent juste devant nos bleus au classement, vivent des moments compliqués. Après de très (trop?) nombreuses défaites, leur entraîneur bien connu du côté de Furiani, Frédéric Hantz, a été remercié cette semaine, remplacé par un autre ancien de la maison bleue, Ghislain Printant. Comme un air de déjà-vu pour les Bastiais, et surtout pour les supporters pour qui les deux hommes au coeur du pass'è veni pailladin font partie d'un passé très récent. Toutefois, concernant les joueurs, à part quelques cadres qui ont traversé les époques, rares sont ceux à avoir croisé le chemin de Hantz ou de Printant sous le maillot turchinu. En tout état de cause, il faudra du côté de la Mosson mettre de côté tout sentiment pour se concentrer sur la gagne. Et pour cela, le groupe de François Ciccolini sera bien aidé par deux-cents supporters dont 120 venus de Corse, profitant de l'offre du club qui permet de partir à moindres frais supporter le Sporting à l'extérieur. 

Si l'on met de côté l'effet "changement de coach", qui pourrait potentiellement donner un coup de boost aux joueurs Héraultais (ce que redoutait Axel Ngando, sur le plateau de Laurent Vincensini) la partie est loin d'être perdue pour le Sporting. Une équipe quasiment au complet qui se déplace, avec ses supporters, chez un concurrent direct en grande difficulté, cela peut laisser augurer de bonnes choses. Le tout étant de faire mentir cette vieille tradition Bastiaise qui consiste à relancer les équipes dans le dur. Il y a des fois où il faut savoir trahir la coutume, surtout lorsqu'on est dix-septième, à l'orée de la zone rouge. 

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